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Une large étude sur 2000 médicaments et composés chimiques offre un nouvel espoir dans la lutte contre le coronavirus.

Selon une étude réalisée par une équipe américaine, 47 médicaments ou composés chimiques capables d'interférer avec le coronavirus du SRAS-CoV-2 ont été identifiés.

Avec plus de 3,7 millions de cas dans le monde pour 258 000 décès, le Covid-19 continue de faire des ravages. Pour le combattre, deux solutions semblent se démarquer : la découverte d’un vaccin et celle d’un traitement. Plusieurs études importantes ont ainsi été lancées aux quatre coins de la planète, sans qu’aucune ne soit pour l’instant parvenue à mettre au point un remède efficace.

Dans une étude publiée dans la revue scientifique « Nature » le 30 avril dernier, une équipe américaine affirme toutefois avoir testé 47 médicaments ou composés chimiques pouvant interférer avec le coronavirus. Des résultats qui constituent selon le professeur Nevan Krogan, directeur de l'Institut des biosciences quantitatives de l'Université de Californie, « des pistes solides pour des traitements potentiels » et qui permettent de mieux comprendre « deux mécanismes distincts entravant l'infection du CoV-2-SARS ».

Les scientifiques américains ont tout d’abord cartographié les différentes interactions connues entre les protéines du SRAS-CoV-2 et celles de l’organisme. Un état des lieux exhaustif qui a permis par la suite d’identifier les différentes « zones de conflit » initiées par le virus et donc les potentiels traitements. Mais plutôt que de développer un nouveau médicament, le professeur Krogan et son équipe ont préféré en tester 2000 déjà existants.

Résultat des courses, 69 d’entre eux ont montré une réaction positive sur ces « zones de conflits », dont 29 médicaments approuvés par la Food and Drug Administration (l’équivalent américain de l’Agence française de sécurité du médicament et des produits de santé), 12 en cours d’essai cliniques et 28 composés chimiques pré-cliniques.

Pour s’assurer de l’effet positif de ces potentiels traitements, l’équipe américaine a envoyé ces 69 composés à leurs confrères de l’Institut Pasteur, à Paris, et à ceux de l’Institut du Mont Sinaï à New York. En laboratoire, les différents candidats ont ainsi été testés sur des cellules de singe infectées par le CoV-2-SARS. Après quatre semaines de travail, 47 potentiels médicaments ont ainsi été analysés, ce qui a permis aux différentes équipes de mieux comprendre les mécanismes agissant au niveau cellulaire et les interactions entre le virus et certaines molécules médicamenteuses.

De cette expérience, deux groupes de médicaments ont été identifiés. Les premiers perturbent la reproduction du virus, alors que les seconds vont venir entraver les récepteurs sur lesquels le CoV-2-SARS vient se fixer pour infecter les cellules de l’organisme. Un mécanisme qui n’avait été jusqu’alors jamais observé.

Bien que cette étude présente de bons résultats, l’absence de tests sur des cellules humaines ou sur des patients incitent à la plus grande prudence. Mais ces travaux ont tout de même permis de dégager de nombreux enseignements sur le comportement du virus dans le corps et vont sans doute émuler d’autres études à travers le monde.

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