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Selon une étude française, une infection légère au Covid-19 est suffisante pour développer des anticorps

Des chercheurs français ont étudié le cas de plusieurs soignants et personnels hospitaliers ayant contracté le virus sans toutefois développer des symptômes sévères. D’après eux, quasiment l’ensemble des personnes testées ont développé des anticorps dont l'effet neutralisant a même augmenté dans les semaines suivant l'infection.

Ces recherches sur les infections des travailleurs de la santé d'un hôpital universitaire de Strasbourg, publiées sur le site MedrXiv.org, doivent encore être examinés par des pairs, mais les auteurs ont déclaré que l'étude menée conjointement avec l'Institut Pasteur constituait une évolution positive dans la compréhension de la réponse immunitaire au nouveau coronavirus.

« Les résultats de cette étude sont très encourageants pour les personnes qui ont été infectées par le virus », a déclaré Samira Fafi-Kremer, cheffe du service de virologie de l'hôpital de Strasbourg et auteure principal de l'étude. « Même ceux qui développent des cas légers de Covid-19 sont capables de produire des anticorps qui restent présents au moins 40 jours après l'apparition des symptômes. Il reste maintenant à déterminer combien de temps ils durent ».

L'Est de la France est rapidement devenu l’un des épicentres européens de l'épidémie après que le virus se soit rapidement propagé lors d'un rassemblement évangélique à Mulhouse en février dernier. Dès le début du mois de mars, de nombreux patients ont commencé à affluer dans les hôpitaux de la région, infectant au passage les professionnels de la santé mobilisés pour les prendre en charge. En avril, les chercheurs ont analysé des échantillons de sang de 160 membres du personnel ayant présenté des symptômes classiques du Covid-19 (fièvre, difficultés respiratoires, perte de l'odorat…) mais dont les cas n'étaient pas suffisamment graves pour nécessiter une hospitalisation.

Les chercheurs ont ainsi effectué deux types de tests sur les échantillons prélevés entre 13 et 39 jours après l'apparition des symptômes. Selon la méthode utilisé, 153 à 159 d’entre eux contenaient des anticorps.

« Nous savons que les personnes atteintes d'infections graves ont produit des anticorps dans les 15 jours suivant l'apparition des symptômes », a commenté Arnaud Fontanet, l'un des auteurs de l'étude et chef du département de santé mondiale de l'Institut Pasteur. « Nous savons maintenant qu'il en va de même pour les personnes souffrant d'infections mineures, même si le taux d'anticorps est apparemment plus faible ».

Les analyses ont également révélé des anticorps neutralisants dans des proportions plus importantes dans les échantillons prélevés cinq à six semaines après l'apparition des symptômes que dans ceux prélevés après trois semaines.

Des anticorps neutralisants ont en effet été trouvés dans 79 % des échantillons prélevés entre 13 et 20 jours après l'apparition des symptômes, contre 92 % dans ceux prélevés entre 21 et 27 jours et 98 % dans ceux prélevés entre 28 et 41 jours.

En observant la présence d’anticorps parmi l’ensemble du personnel hospitalier infecté par le Covid-19, les chercheurs ont conclu que l'activité neutralisante des anticorps augmentait avec le temps et que des études complémentaires détermineraient leur durée de persistance dans le corps humain. En outre, cette étude a également permis de montrer toute la pertinence et la fiabilité de l’utilisation de tests sanguins pour diagnostiquer les personnes ayant déjà contracté le Covid-19.

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