Passer au contenu

Qu’est-ce qu’un tunnel désinfectant ?

Mexique, Algérie, Belgique… Les initiatives se multiplient pour concevoir des tunnels désinfectants à l’entrée de certains établissements stratégiques. Mais cette solution est-elle sans danger et bien adaptée à la lutte contre le Covid-19 ?

Depuis quelques jours, les autorités de la ville de Nogales au Mexique désinfectent tous les visiteurs à l’entrée de la ville. Leur technique ? Un tunnel qui projette sur les personnes le traversant une solution désinfectante. Une structure qui se multiplie au sein de la municipalité, afin d’équiper l’entrée des hôpitaux et de certains grands magasins.

Selon le directeur de la Santé de Nogales, Jesus Alberto Dicochea, le produit « génère un film sur la peau et sur les vêtements qui peut rester 14 à 15 heures et protégeant du virus et des bactéries ». Aux cinq portiques de cette municipalité située non loin de la frontière avec les États-Unis s’ajoutent ceux installés dès le mois d’avril par d’autres villes du pays, dont la très célèbre Guadalajara.

Même son de cloche en Algérie, ou de jeunes entrepreneurs ont développé un prototype qui équipera prochainement certains établissements dans la ville d’Oran. En Belgique, une grande surface de la ville de Boussu a installé son propre tunnel. Les clients et les caddies doivent ainsi traverser une brume d’ozone dont les propriétés permettraient selon le magasin de tuer les virus et les bactéries. Un salarié est posté à l’accueil afin de guider les quelques visiteurs. « Aucun produit chimique n’est ajouté. Notre matière première, c’est l’eau, assure Dimitri Ernst, de la société liégeoise à l’origine du projet. Pour faire simple, on reproduit ce qui se passe dans un orage. On injecte 4500 volts et l’eau se transforme en ozone ».

Une technologie différente de celle utilisée au Mexique, ou le concept inquiète tout de même jusqu’au plus haut sommet de l’état. La pratique est en effet déconseillée par le ministre de la santé mexicain. Selon lui, le désinfectant pourrait endommager la peau, les yeux et les poumons des personnes traversant le tunnel. Le sous-secrétaire à la santé, Hugo Lopez-Gatell, a rappelé l’importance d’utiliser cet équipement dans des « conditions contrôlées » afin d’éviter tout risque indésirable sur les citoyens exposés.

Même si le concept existe depuis bien longtemps, la plupart de ces outils ont été développés rapidement pour lutter contre le nouveau coronavirus. Le Maroc, ou plusieurs tunnels avaient été installés, a ainsi décidé de les interdire fin avril. Le comité de normalisation ayant rappelé dans son communiqué l’incertitude qui existait autour des matériaux et des composants employés lors de la désinfection.

Article précédent Tourisme et coronavirus
Articles suivant Au Mexique, des usines rouvrent au plus fort de la crise