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Peut-on ré-attraper le Covid-19 après avoir été déjà malade ?

La haute autorité de santé Sud-Coréenne a annoncé samedi 11 avril dernier avoir reçu dans ses hôpitaux 91 nouveaux malades du coronavirus, pourtant déclarés guéris en sortie de quarantaine.

Tests et faux-positifs

Une information qui a de quoi faire peur. La possibilité pour une personne guérie de retomber malade du Covid-19 compliquerait en effet notre combat contre cette nouvelle forme de coronavirus, éliminant de facto la recherche d’une immunité de groupe naturelle. Seul le développement d’un vaccin permettrait alors d’enrayer la pandémie.

Mais cette information est à prendre avec de grandes pincettes. L’apparition de personnes étant une nouvelle fois testées positives après une guérison pourraient s’expliquer de plusieurs manières :

- Le groupe de personnes, plutôt réduit, pourrait avoir été mal testé en sortie de quarantaine. Le moyen de dépistage traditionnellement utilisé, à savoir le test PCR, consiste à collecter des échantillons avec un écouvillon au fond de la cavité nasale. Une méthode fiable si le prélèvement est correctement effectué, mais qui peut tout de même donner des faux-négatifs.

- De nombreux cas de patients testés négatif redeviennent positifs les jours suivants, selon « l’implantation » du virus. Ce dernier peut tout aussi bien se loger dans les poumons et donner un résultat négatif lors d’un test réalisé via un prélèvement au niveau du nasopharynx. Certains de ces patients pourraient donc n’avoir jamais été guéri.

Ce dernier point nous amène à la question suivante : A quel moment est-on vraiment guéri du Covid-19 ? La présence virale après la disparition des symptômes est-elle le signe d’une rechute ? Ou la simple évolution de la maladie ? La grippe saisonnière, par exemple, est familière du fait. Il est fréquent d’observer des rechutes lors que le traitement n’a pas totalement éliminé le virus.

Immunité courte & virus dormants

Si ces patients ont réellement été réinfectés, plusieurs scénarii possibles pourraient expliquer ce phénomène, à commencer par l’existence d’une immunité si courte qu’une rechute serait possible quelques dizaines de jours après une primo-infection.

Une hypothèse improbable selon les chercheurs qui s’appuient sur d’autres exemples bien connus à l’image des coronavirus du rhume. Ces derniers provoquent une immunité protégeant les malades entre 2 à 3 mois après la guérison, ce qui est une durée déjà extrêmement faible.

Autre explication, la mise en dormance du virus. A l’image des herpès, l'infection à coronavirus provoquerait des « réservoirs viraux » dans lesquels le virus n'exprime plus aucune protéine et devient invisible pour le système immunitaire. Puis, à l'occasion d'un événement particulier ou d’un état de forme fragile (fatigue, stress…) l'efficacité immunitaire de l'hôte baisse et le virus se remet à proliférer. Selon une étude récente, pour SARS-CoV2, ces réservoirs pourraient se situer dans les reins, des organes qui expriment le plus les récepteurs ACE2 qui servent de porte d'entrée au virus.

L’heure n’est toutefois pas à l’inquiétude. De nombreuses inconnues subsistent encore pour parler d’une rechute dans le cadre de la contraction du Covid-19 : qui sont les patients concernés par les observations coréennes ? Quel était le profil exact de leur maladie ? Avaient-ils des comorbidités ? Combien de temps ont-ils présentés des tests positifs après la fin de leurs symptômes ? Des réponses qui pourraient être apportées, à l’avenir, par une étude à plus grande échelle menée dans plusieurs pays du monde.

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