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Les recommandations du Conseil scientifique pour le dé-confinement

Masques obligatoires au collège et au lycée, déplacements restreints en région et déconseillés à l’étranger, maintien du télétravail : le Conseil scientifique a présenté samedi une liste de recommandations en vue de la levée progressive du confinement à partir du 11 mai prochain.

Avant la présentation par le Premier ministre Édouard Philippe du plan de dé-confinement, mardi 28 avril, le Conseil scientifique a livré ses propres recommandations afin d’éclairer le gouvernement et de préparer la « vie d’après ».

Masques et déplacements

Selon le conseil, le port du masque doit être systématique afin de pouvoir contrôler la propagation du virus. Il faudra donc réussir à équiper l’ensemble des collégiens et des lycéens mais aussi les personnes utilisant les transports en commun. Une tâche ardue en raison de la pénurie qui touche le pays depuis le début de la crise, qu’il faudra compenser par une production de masques alternatifs réalisée par des entreprises locales et des particuliers. Objectif : équiper l’ensemble de la population et distribuer les moyens de protection en priorité aux personnes en contact régulier avec des clients ou des patients.

L’avis du conseil rappelle également que les lieux recevant du public se devront de proposer à leurs clients des masques de protection et des solutions hydro alcooliques, sans quoi ils pourraient être forcés à rester fermés.

Concernant les déplacements, le Conseil scientifique prône la réouverture des mouvements entre régions, via les transports en commun, si et seulement si les gestes barrières et les mesures de distanciation sociale sont bien respectées. Pour les déplacements péri-urbains, nécessaires à l’activité économique, un « étalement des horaires » des salariés ainsi que le maintien du télétravail pourrait permettre de reprendre une certaine cadence tout en minimisant les contacts entre voyageurs.

Pour les déplacements à l’étranger, l’avis du conseil est défavorable à leur reprise jusqu’à l’été, afin de « réduire le risque de réintroduction du virus sur le territoire national ».

Vie scolaire et économique

Outre le port du masque obligatoire pour les collégiens et les lycéens, le Conseil scientifique suggère de réorganiser les espaces communs et d’apprentissage afin de respecter les mesures de distanciation sociale. Les tables, par exemple, devront être séparées entre-elles d’un mètre. Les établissements devront également éviter que deux classes ne se croisent. Un véritable casse-tête logistique à mettre en place qui permettrait toutefois de repérer plus facilement les élèves contaminés et de retracer leurs différentes interactions.

Les parents sont invités à prendre la température de leurs enfants tous les jours avant le départ pour l’école. En cas de symptôme, l’élève serait exempté de classe jusqu’à ce que l’avis du médecin traitant soit rendu.

Concernant les entreprises et les administrations, le Conseil préconise le maintien du télétravail, lorsque cela est possible, « sur la totalité ou plus de la moitié du temps de travail ».

Pour les commerces et les artisans, l’activité pourra reprendre en parallèle d’un respect strict des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale.

Personnes à risque et évènements populaires

Le Conseil Scientifique suggère de prolonger le confinement pour les personnes à risque, à savoir les citoyens âgés de plus de 65 ans et ceux présentant une pathologie chronique (hypertension, obésité, diabète…). Un avis qui contredit quelque peu les mots du Président de la République lors de sa dernière allocution : « Je ne veux pas discrimination envers les personnes âgées ou fragiles dans le dé-confinement progressif à partir du 11 mai. J’en appelle à la responsabilité individuelle ».

Dans la lignée des mesures de distanciation sociale, les évènements rassemblant du public en nombre important dans des salles fermées ou les espaces en plein air ne devraient pas être autorisés dans les deux mois suivant le dé-confinement. Les festivals, par exemple, pourraient ne pas avoir lieu avant mi-juillet. Nombre d’entre eux, à l’image du festival d’Avignon ou encore du Hell Fest ont déjà été annulés.

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