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Le plan de déconfinement se précise

Le premier ministre Édouard Philippe a décrit mardi devant l’Assemblée Nationale la stratégie du gouvernement dans le cadre du déconfinement. Une feuille de route incluant la santé, l’éducation, le travail, les commerces, les transports ainsi que les rassemblements.

Masques et dépistages

A deux semaines du déconfinement, les grands axes de la stratégie gouvernementale sont enfin connus. Premier sujet et pas des moindres, le cas des masques de protection en France. Le premier ministre l’affirme, les français pourront s’équiper convenablement d’ici le 11 mai grâce à une plateforme de e-commerce mise en ligne dès le 30 avril en collaboration avec la Poste. Mais pas que : « Les français pourront, sans risque de pénurie, se procurer des masques grand public dans tous les commerces ». A ces réseaux s’ajoutent également les collectivités locales, dont le rôle sera de fournir les concitoyens les plus précaires.

Contrairement aux sorties classiques, ou il est simplement recommandé, le masque sera obligatoire dans les transports en commun.

Outre le maintien des gestes barrières, le gouvernement souhaite également accélérer la cadence des tests, afin de pouvoir suivre les différents mouvements de contagion et empêcher l’émergence d’un nouveau cluster. L’objectif fixé est de 700 000 tests virologiques par semaine à partir du 11 mai. Pour parvenir à ce chiffre, les laboratoires de recherches et les laboratoires vétérinaires seront autorisés à pratiquer des tests. Ces derniers seront pris en charge à 100% par la sécurité sociale.

Lorsqu’une personne sera testée positive, tous ceux ayant eu un contact rapproché avec elle seront testés. Des « brigades » seront ainsi créées afin d’identifier les cas-contacts.

Déplacement en région et à l’étranger

Inégalement touchée par la maladie au sein de son territoire, la France va adopter une stratégie département par département. On différenciera ainsi les zones vertes, peu affectées, aux zones rouges, à l’image des régions Grand-Est et Ile-de-France. Cette nomenclature permettra de jauger le niveau de restriction à l’échelle locale.

Chaque soir, à partir du 7 mai, les maires et les préfets pourront adapter leur plan de déconfinement en fonction de l’évolution du virus sur leur territoire. Une flexibilité qui permettra de répondre rapidement aux exigences et à la réalité du terrain.

Les déplacements interrégionaux et interdépartementaux resteront toutefois réduits au maximum, même entre deux zones vertes, à l’exception de motifs professionnels ou familiaux impérieux. Afin de décourager les déplacements, l’offre en termes de transport sera réduite, et une réservation en amont sera obligatoire pour tous les trains. Pas question non plus, de voyager à l’étranger.

Concernant les transports péri-urbains, le premier ministre a annoncé une réduction de l’offre dans les trois semaines suivant le déconfinement. Dans le métro parisien, par exemple, un siège sur deux sera condamné et les quais vont être affublés de marquages au sol afin d’organiser la répartition des passagers. A Paris comme ailleurs, de nombreuses pistes cyclables, éphémères ou durables, vont être créées d’ici le 11 mai afin de permettre aux travailleurs de se déplacer à vélo.

Commerces et entreprises

« Le télétravail doit être maintenu partout où c’est possible, au moins dans les trois prochaines semaines » a annoncé Édouard Philippe. Objectif : limiter au maximum l’affluence dans les transports en commun. A cela s’ajoute les recommandations du gouvernement aux entreprises concernant la pratique d’horaires décalés, afin d’aplanir la courbe des heures de pointe.

La plupart des commerces, sauf les cafés et les restaurants, pourront rouvrir à partir du 11 mai. Une reprise de la vie économique indexée toutefois sur la bonne mise en pratique des gestes barrières : port du masque recommandé, flux organisés, nombre restreint de personnes présentes en simultané… Les préfets pourront en outre décider de laisser fermer les centres commerciaux de plus de 40 000 m2. Concernant les bars, les cafés et les restaurants, une décision sera prise fin mai pour décider de leur réouverture à partir du 2 juin. Les marchés de plein air et les halles couvertes pourront également reprendre leur activité si elles sont en mesure de faire respecter les mesures de distanciation sociale.

Concernant le monde du loisir et de la culture, les cinémas, les grands musées, les salles de spectacle, les plages ainsi que les parcs et les jardins resteront fermés. A l’inverse, les médiathèques, les bibliothèques et les petits musées pourront ouvrir.

Les festivals et les manifestations sportives, à l’image de la ligue 1, sont tous annulés jusqu’à septembre.

Un déconfinement progressif donc, loin du retour à la normale, mais jugé nécessaire par le gouvernement : « Nous sentons que l’arrêt prolongé de la production de pans entiers de notre économie présenterait un risque d’écroulement ». La France devrait en effet connaître sa plus forte récession depuis 1945.

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