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Le coronavirus en Europe : un déconfinement progressif

Alors que la France se prépare à lever son ordre de confinement lundi 11 mai prochain, nos voisins européens expérimentent également de nouveaux processus afin de permettre un « retour à la normale » de manière progressive.

Le nouveau coronavirus a touché l’Europe de manière inégale. Quand l’Italie, l’Espagne et la France enregistraient de nombreux cas, des pays comme l’Allemagne ou la Hongrie semblaient passer à travers les gouttes. Si des centaines de paramètres sont à prendre en compte pour expliquer cette différence, l’apparition de clusters dans certaines régions, la densité de population et le manque de préparation, tant humain que matériel, a probablement participé activement à la répartition asymétrique du virus sur le territoire européen.

Ainsi, certains pays disposent d’une courte avance sur leurs voisins. Là où la France vient de publier son protocole sanitaire pour la réouverture des écoles maternelles et primaires, d’autres ont déjà rouvert la plupart des établissements. En Autriche par exemple, les grandes surfaces alimentaires, les coiffeurs et les équipements de sport en plein air (tennis, golf…) rouvrent ce week-end. Les restrictions de déplacement sont levées et les rassemblements sont autorisés jusqu'à 10 personnes. Lundi 4 mai, les élèves de Terminale ont repris le chemin du lycée. Les restaurants, eux, devraient rouvrir mi-mai.

Même chose en Allemagne, où le déconfinement a lieu une semaine avant la France. Au programme, réouverture des lieux de culte, des coiffeurs, des musées, des mémoriaux, des zoos et des aires de jeu. Un semblant de retour à la normale évidemment indexé sur la poursuite de l’application des gestes barrières. Le port du masque devrait d’ailleurs devenir obligatoire dans les transports et dans les magasins.

En Europe de l’Est, la situation appelle également à l’optimisme. La région, assez peu touchée par le coronavirus grâce à des mesures prises relativement tôt, est également au cœur d’un processus de déconfinement. Les terrasses de cafés et de restaurants pourront ainsi rouvrir dès le 4 mai en Hongrie et en Slovénie. En Pologne, les hôtels, les centres commerciaux, les bibliothèques et certains musées pourront reprendre leur activité.

En retard sur la France, l’Angleterre paye l’inaction de ses dirigeants au début de la crise. Si le nombre de cas hospitalisés semble décroître, le pays a pris du retard sur ses voisins. Le premier ministre Boris Johnson a promis un plan de déconfinement pour le 7 mai, même s’il insiste sur le « certain degré de contraintes » avec lequel la population devra vivre jusqu’à la découverte d’un vaccin. Pour rappel, l’homme d’état a lui-même été touché par la maladie en avril.

En Italie, le bilan journalier est toujours en baisse. Le pays a annoncé dimanche le décès de 174 personnes sur les dernières 24 heures, soit le chiffre le plus faible depuis le début du confinement. La pression sur le système de santé semble être retombée, ce qui a incité les autorités italiennes à mettre en place un plan de déconfinement dès le 4 mai afin de relancer l’économie. Mais cette ouverture reste très prudente. Il s’agira lors de cette nouvelle phase « d'apprendre à vivre avec le nouveau coronavirus en attendant un vaccin efficace tout en limitant sa contagion, a rappelé le responsable de la cellule chargée de répondre à la pandémie, Domenico Arcuri. Nous devons être conscients que ce sera le début d'un défi encore plus grand ». Contrairement à la France, l’Italie ne devrait pas rouvrir les crèches et les écoles maternelles avant juin. Les italiens peuvent toutefois se déplacer au sein de leur région, rendre visite à leurs proches et faire des courses au-delà de la proximité immédiate de leur domicile. Un semblant de retour à la normale fort appréciable dans un pays ayant beaucoup souffert du coronavirus.

Même chose en Espagne, qui s’appuie sur un déconfinement graduel découpé en quatre phases espacées de 15 jours. Un système qui permettra de mesurer les conséquences de la sortie du confinement et de revenir en arrière si la situation le demande. Ici, pas de retour à l’école avant septembre. Au port du masque obligatoire s’ajoutent d’autres restrictions, à l’image d’un couvre-feu pour certaines catégories d’âge dans les communes de plus de 5000 habitants. Les espagnols pourront toutefois de nouveau se promener et exercer une activité physique individuelle à partir du 9 mai.

Deux autres pays européens connaissent un vent d’optimisme. La Grèce, tout d’abord, qui malgré sa situation économique a su réagir très tôt. La fermeture des écoles dès le 11 mars et la mise en place d’un confinement national le 23 ont permis aux hôpitaux de ne pas être saturés. Le pays méditerranéen était pourtant au centre des inquiétudes début mars, lorsque d’autres nations disposant pourtant de plus de matériel et d’un meilleur système de santé étaient gravement touchés.

Les Pays-Bas, ensuite, qui malgré l’absence de confinement strict ont vu leurs services de réanimation retrouver leurs capacités initiales. Leurs écoles devraient rouvrir partiellement à partir du lundi 11 mai prochain.

Si l’épicentre de la pandémie, qui s’est déplacé en Amérique du Nord à partir de la mi-mars, n’est plus en Europe, le virus y a tout de même laissé de nombreuses traces. L’analyse et la comparaison des mesures prises par chaque pays d’Europe, entre les différents temps de réaction, les mesures de confinement et de dépistage ou encore les traitements prodigués à l’hôpital permettront de tirer de nombreux enseignements à l’issue de la crise. De quoi permettre de mieux se préparer face à une éventuelle seconde vague ou à l’apparition d’un autre virus.

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