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La propagation du coronavirus diminuerait considérablement si 80 % de la population portait un masque

Après moult débats et revirements de situation, des chercheurs ont décidé de confier l’épineuse question de l’efficacité du port du masque à une intelligence artificielle. Cet outil de protection serait ainsi très efficace dans le cadre de son adoption massive par la population.

Une équipe de recherche a publié fin avril une étude validant l'importance du port universel du masque de protection dans le cadre de la prévention de la propagation du coronavirus.

Des chercheurs de l'Université de Cambridge, de l'University College London, de l'Ecole de guerre économique, de l'Université des sciences et des technologies de Hong Kong et de la Fédération des familles de Finlande ont ainsi proposé deux modèles d'IA pour prédire l'impact du port du masque sur la pandémie actuelle.

Selon eux si les masques ne sont pas utilisés, même avec une distanciation sociale respectée, le taux d'infection ne baissera pas.

L'équipe de recherche invite également les internautes à interagir avec le modèle de simulation de l'IA sur leur site web pour voir comment le port du masque au sein d'une population pourrait freiner la propagation du virus. Leurs résultats indiquent que le port d'un masque peut réduire considérablement la propagation du virus s'il est adopté suffisamment tôt. L'adoption du masque à 100 % au début d'une épidémie entraîne une diminution spectaculaire du nombre d'infections, tandis que l'adoption à 90 % a de bonnes chances de supprimer le virus après 50 jours. Cependant, l'adoption à 50 % ou l'attente jusqu'au 75ème jour pour mettre en place une politique de port du masque s'est avérée insuffisante.

« L'urgence est que nous manquons de temps, car pour la plupart des pays en dehors de l'Asie de l'Est, le 50eme jour est proche, ou arrive dans les prochaines semaines, a déclaré l’un des chercheurs. C'est donc à ce moment-là que l'on peut attraper la propagation accidentelle, et que l'on peut aplatir la courbe pour gagner suffisamment de temps pour les hôpitaux, et surtout pour mettre au point les traitements et les vaccins que les scientifiques s'empressent de développer ».

Cette recherche montre que même les masques artisanaux bon marché pourraient être efficaces pour arrêter le virus si plus de 90 % de la population adopte un masque avant le 50e jour d'une épidémie. Ils espèrent que les décideurs politiques du monde entier considéreront le masquage universel comme faisant partie de leur stratégie lorsqu'ils lèveront les mesures de confinement.

En France, des propos contradictoires du gouvernement avaient d’abord décrédibilisé cet outil de protection, avant un changement de cap début avril et l’émulation autour des masques « alternatifs ». Aujourd’hui, en porter est obligatoire dans les transports en commun et certains lieux publics, et recommandés pour toutes les autres interactions.

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