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La chaleur affaiblit-elle le coronavirus ?

Selon une étude publiée jeudi 23 avril dernier par le gouvernement américain, le coronavirus pourrait s’affaiblir suite à la hausse des températures. Si la nouvelle est encourageante, elle ne signe pas pour autant la fin de la pandémie d’ici l’été.

Selon cette nouvelle étude, le SARS-CoV-2 s’affaiblirait dans une atmosphère chaude et humide, ainsi que sous l’action des rayons du soleil. « Notre observation la plus frappante à ce jour est l’effet puissant que semble avoir la lumière du soleil pour tuer le virus, aussi bien sur les surfaces que dans l’air » a ajouté Bill Bryan, haut responsable du département de la sécurité intérieure des États-Unis.

Les données présentent l’évolution de la demi-vie du virus, à savoir le temps nécessaire pour réduire de moitié sa puissance, en fonction du taux d’humidité et de la température. Entre 21 et 24 degrés Celsius et 20% d’humidité, la demi-vie est de 18 heures. Une durée abaissée à six heures seulement quand le taux d’humidité monte à 80%, et seulement à deux minutes lorsque la lumière du soleil entre dans l’équation.

Une étude qui viendrait conforter un postulat énoncé dès le début de la crise, à savoir la relative faiblesse du nouveau coronavirus face à l’augmentation des températures. Une observation corroborée par la situation dans certains pays chauds, à l’image de l’Australie (qui enregistre très peu de cas), sans toutefois qu’un lien de cause à effet puisse y être établi de manière certaine.

Contrairement à la grippe saisonnière, elle aussi diminuée face à la monté des températures, le SARS-CoV-2 pourrait être bien plus récalcitrant. En cause, son fort taux de contagiosité. Pour considérer qu’une épidémie est terminée, il faut que son taux de reproduction de base, que l’on nomme R0 (pour le nombre de personnes pouvant être infectées par un malade atteint du virus) passe à moins de 1.

Or, le coronavirus actuel à un R0 compris entre 4 et 5. Un taux de contagiosité qui a toutefois été fortement impacté par les mesures de confinement et les gestes barrières, mais qui pourrait de nouveau exploser lors du « retour à la normale » de notre société.

« Dans le cas de la grippe saisonnière, le R0 est compris entre 1,3 et 1,5 » relève Etienne Decroly, virologue et directeur de recherche au CNRS à Marseille. Il suffit ainsi qu'il soit diminué de 0,5 avec la chaleur pour qu'il disparaisse. Avec un R0 à 4 sans mesure de confinement, il faudrait donc que le seul facteur climatique fasse considérablement baisser ce taux pour que l’épidémie de coronavirus touche à sa fin. « Là où elle fait baisser le R0 de la grippe de 0,5, est-ce que l'effet de la température va faire baisser de près de quatre fois le R0 du coronavirus ? Personnellement je ne le crois pas », estime le docteur, interrogé par Les Echos. En France, selon l'Institut Pasteur, le R0 est bien passé de 3,3 à 0,5 ces dernières semaines. Une baisse à priori uniquement imputable au confinement.

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