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Coronavirus et catastrophes naturelles : l’inquiétant combat auquel se préparent plusieurs pays du monde

« Alors que l’humanité se bat pour contenir un virus mortel, une série de catastrophes naturelles ravagent les terres, coupent l'électricité, perturbent les chaînes d'approvisionnement déjà fragiles et déplacent les populations ». Ce qui ressemble de premier abord à un scénario hollywoodien risque pourtant bien d’arriver, avec l’annonce de plusieurs ouragans en Amérique du Nord, d’un énorme cyclone en Inde ou encore de l’arrivée prochaine de la saison des typhons au Japon. Une situation à laquelle nous devons impérativement nous préparer.

En temps normal, les catastrophes naturelles nécessitent de nombreux intervenants, des premiers secours aux bénévoles en passant par des responsables chargés de l’organisation. Une « chaîne » humaine qui pose problème en cette période de pandémie, car les efforts sur le terrain et les déplacements de population favorisent la propagation du virus. A cela s’ajoute la question financière. De nombreuses ressources ont en effet été redirigées en faveur de la lutte contre le Covid-19. C’est notamment le cas aux États-Unis, ou les équipes d'intervention d'urgence et les budgets ont déjà été réduits.

L'Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA) a été chargée de diriger au niveau fédéral les mesures prises pour enrayer le nouveau coronavirus et d'aider à répondre aux besoins des hôpitaux qui luttent pour obtenir des fournitures médicales. Si la structure affirme n’avoir affecté que 3 000 de ses 20 550 employés dans le combat contre le Covid-19, le manque de personnel serait préoccupant selon l'un de ses responsable : « il est terrifiant de penser à ce qui se passerait si une catastrophe survenait ».

Selon plusieurs projections scientifiques, il fort est probable que les États-Unis soient confrontés à des catastrophes naturelles dans les mois qui viennent. La saison des ouragans commence en effet le 1er juin et devrait être « supérieure » à la moyenne. Il y aurait 70 % de risque qu'un ouragan majeur balaye les terres selon les scientifiques de l'Université d'État du Colorado. Le Midwest et les Grandes Plaines, déjà dévastés par des inondations record l'année dernière, sont de nouveau en état d'alerte suite à l’annonce de nouvelles intempéries.

A l’ouest, l’ennemi numéro 1 est l’incendie de forêt. Un traumatisme qui devrait, selon le National Interagency Fire Center, malheureusement se reproduire cette année avec la prévision de feux "supérieurs à la normale" dans le centre et le nord de la Californie.

En Inde et au Bangladesh, un « super » cyclone de catégorie 5 est actuellement en train de frapper les côtes. Plus de 41 millions de personnes réparties dans les deux pays pourraient être impactées. Aux rafales de vent soufflant à près de 160 km/h s’ajoute une possible montée des eaux d’environ 5 mètres, ce qui ravagerait le littoral. La dernière fois qu’un tel cyclone a frappé la région, en 1999, près de 10 000 personnes ont perdu la vie. Aujourd’hui, le coronavirus rend bien plus difficile l’évacuation des populations en danger. Outre la question du respect des gestes barrières, les conséquences de la grave crise économique qui s'annonce risquent de contrecarrer les efforts des autorités.

Lors d’une tempête violente, la plupart des gens peuvent s'abriter dans leur maison. Mais en cas d'ouragan, d’inondation ou d’incendie, les évacuations massives sont souvent la seule option pour protéger la population. Aux personnes déjà fragiles, à l’image des aînés ou des citoyens à mobilité réduite, s’ajoutent aujourd’hui toutes les personnes frappées par les conséquences économiques du coronavirus. Quand l’argent vient à manquer, il n’est plus possible de faire le plein d’essence pour fuir ou de régler une chambre d’hôtel dans une région sûre.

Préparer ces catastrophes en amont, en développant une filière de transport de sinistrés et en installant des zones d’accueil gratuites permettrait donc d’apporter une réponse efficace à cette problématique.

En Inde, environ 2,4 millions d’indiens ont ainsi déjà été évacués vers des centres d’accueil sécurisés. Au Bangladesh, le gouvernement affirme pouvoir déplacer 9,1 millions de sinistrés tout en respectant le principe de distanciation sociale, via la réquisition de bâtiments publics et d’écoles dans des régions plus sûres.

A plusieurs milliers de kilomètres de là, un porte-parole de la FEMA aux États-Unis a reconnu les difficultés de fournir des abris et de maintenir une distance de sécurité entre les sinistrés : « Nous travaillons avec nos partenaires sur de nouvelles directives concernant les abris non collectifs afin de pouvoir soutenir les efforts des États et des collectivités locales dans la résolution de ces problèmes ».

Des discussions sont en cours sur la manière dont les responsables de l'organisation vont réagir aux catastrophes naturelles et adapter les procédures d'hébergement. L'accent est mis actuellement sur la nécessité d'obtenir davantage d’équipement de protection individuelle pour éviter les dispersions dans les abris. Concernant les mesures de distanciation sociale, « cela sera pratiquement impossible dans les abris contre les tornades et les ouragans ».

Des organisations comme la Croix-Rouge modifient également leurs protocoles. La priorité, avant les abris collectifs, reste le placement des sinistrés dans des chambres d’hôtel.

Une chaîne d’organisation et de solidarité impliquant à la fois les États, les organisations, les premiers secours et les bénévoles devra ainsi se mettre en place pour atténuer les effets de telles catastrophes. Un défi de taille alors même que le coronavirus n'est toujours pas vaincu.

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