Passer au contenu
Ce qu’il faut retenir de l’allocution du 13 avril d’Emmanuel Macron

Ce qu’il faut retenir de l’allocution du 13 avril d’Emmanuel Macron

Le président de la République s’est adressé hier soir aux français, pour la quatrième fois depuis le début de la crise sanitaire. Une intervention débutée à 20h02, afin de laisser à ses concitoyens le temps d’applaudir le personnel soignant.

Un ralentissement de l’épidémie encourageant

Le chef de l’État a ouvert son discours sur une note positive, à savoir le ralentissement de la propagation du virus en France, comme en atteste le nombre d’entrées en réanimation en baisse depuis ce week-end.

Après avoir souligné la fatigue, la solitude, le deuil ou le chagrin de nombreuses personnes confinées, le président a souhaité redonner un peu d’espoir : « Chacun d’entre vous, par votre civisme, en respectant les règles de confinement, vous avez fait que l’épidémie commence à marquer le pas. Les résultats sont là. Plusieurs régions ont pu être épargnées. L’espoir renaît ».

Emmanuel Macron est également revenu sur les ratés du gouvernement et de la France en termes d’organisation : « Étions-nous préparés à cette crise ? A l’évidence pas assez. Comme tous les pays du monde, nous avons manqué de blouses, nous n’avons pas pu distribuer autant de masques que nous le voulions. Dès l’instant où ces problèmes ont été identifiés, nous nous sommes mobilisés (…) Comme vous, j’ai vu des ratés, encore trop de lenteurs, des procédures inutiles, des faiblesses de notre logistique. Nous en tirerons toutes les conséquences en temps voulu ». Un mea culpa qui tranche avec les allocutions précédentes, qui empruntaient alors un champ lexical très centré autour de la guerre.

Un confinement repoussé jusqu’au 11 mai

Le président de la République a ensuite abordé la question qui était sur toutes les lèvres : Jusqu’à quelle date allait se prolonger le confinement ? La décision du lundi 11 mai a été prise après avoir consulté pendant la semaine des spécialistes et réalisé plusieurs visites sur le terrain.

A partir de cette date, si la situation évolue selon les prévisions de l’État, les établissements scolaires devraient progressivement rouvrir. D’après le président, l’absence d’égalité en termes d’accès aux cours en ligne et à la culture est insoutenable pour de nombreux élèves : « Trop d’enfants, notamment dans les quartiers populaires, dans nos campagnes, sont privés d’école sans avoir accès au numérique et ne peuvent pas être aidés de la même manière par les parents. C’est pourquoi ils doivent retrouver le chemin des classes ». Peu de détails ont été apportés sur cette mesure, notamment sur la mise en place des gestes barrières et des protections prévues pour les enseignants et leurs élèves. L’annonce, dans la foulée, de ne pas rouvrir les universités vient confirmer le véritable motif de cette décision : permettre aux français de retourner au travail sans avoir à se soucier de faire garder leurs enfants.

Concernant les personnes vulnérables, leur confinement devrait s’étendre au-delà du 11 mai. « Cela concerne les personnes âgées, en situation du handicap sévère et les personnes atteintes de maladies chroniques » a ajouté Emmanuel Macron. Même décision pour la plupart des lieux publics, qui resteront fermés après la levée prévue du confinement, à l’image des cafés, des restaurants, des hôtels, des théâtres, des salles de spectacle ou encore des cinémas.

Dépistage massif et relance de l’économie

Selon le président, la France pourra tester « toute personne présentant des symptômes » à partir du 11 mai prochain, afin de pouvoir cibler de manière plus précise les endroits à risque. Une application numérique, à utiliser sur la base du volontariat, devrait également permettre de retracer les différents mouvements de contagion. En outre, le gouvernement espère pouvoir équiper toute la population d’un masque de protection, afin d’enrayer toujours plus la propagation du virus : « en lien avec les mairies, l’État devra permettre à chaque français de se procurer un masque grand public (…). Pour les professions les plus exposés et pour certaines situations comme dans les transports en commun, son usage pourrait devenir systématique ».

Ces mesures, venant rassurer et accroître la sécurité de la population dé-confinée, devrait permettre de relancer petit à petit la machine économique. A ce titre, le président a annoncé l’allongement de la durée du chômage partiel et des aides de financement pour les entreprises. Les banques et les assurances devront également faire un effort, afin de soulager les clients ayant par exemple des échéances en cours.

Le chef de l’État a, en outre, annoncé une aide exceptionnelle pour les familles les plus modestes, ainsi que pour les étudiants précaires affectés par la crise sanitaire en cours.

Le président a demandé ainsi le versement sans délai d’une aide exceptionnelle afin de leur permettre de faire face à leurs besoins essentiels.

« Un moment de vérité et de refondation »

En conclusion de son allocution, le président de la République a annoncé d’autres mesures fortes, à l’image de l’annulation de la dette de plusieurs pays africains. Une solidarité qui permettrait, au sortir de la crise, de redessiner le jeu des alliances et le système géopolitique mondial, fortement bouleversé par cette crise sanitaire.

Emmanuel Macron a également assuré vouloir repenser notre société : « Nous sommes à un moment de vérité qui impose plus d’ambition, plus d’audace, un moment de refondation. Il nous reviendra de rebâtir une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française, et plus d’autonomie stratégie pour notre Europe. Et de continuer : Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience ».

Des paroles fortes qui, si elles étaient amenées à être réalisées, changerait de façon drastique notre modèle de société actuel. Un modèle qui n’a pas su faire face de manière efficace à la crise, et qui manque de résilience comme en attestent le manque de préparation et de moyens de notre système de santé ou encore l’effondrement des bourses aux quatre coins du monde.

« Sachons sortir des sentiers battus et des idéologies. Sachons nous réinventer, moi le premier » a reconnu le président, dans une conclusion emprunt d’espoir tranchant radicalement avec les discours guerriers prononcés ces dernières semaines.

Article précédent 3000 festivals risquent d’être annulés à cause du coronavirus
Articles suivant 3,9 millions de masques en tissu produits en une semaine