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90% des contaminations auraient lieu dans des lieux clos mal ventilés

Selon plusieurs études parues récemment, le dénominateur commun de la grande majorité des situations propices à la contagion du coronavirus SARS CoV-2 serait de passer plusieurs heures dans un endroit clos et mal ventilé.

A la transmission du virus par projection de micro gouttelettes (lors d’une toux ou d’un éternuement) s’ajouterait celle se manifestant sous forme d’aérosols. C’est en tout cas ce que suggèrent plusieurs études menées ces derniers mois à travers le monde.

L’une d’entre-elles, publiée le 7 avril dernier sur medRxiv, s’est intéressé au registre de contaminations de près de 320 villes chinoises (hors de la province de Hubei, mise en quarantaine dès le 22 janvier) et consignant des données allant du 4 janvier au 11 février.

Quelques 7324 cas de contaminations étaient ainsi suffisamment documentés pour que les chercheurs puissent les inclure dans leur étude. Après analyse, 318 foyers d’infection ont été identifiés. Sur l’ensemble d’entre eux, 53,8 % impliquaient 3 cas, 26,4 % 4 cas et 1,6 % dix cas ou plus. Par ailleurs, 79,9 % de ces foyers ont émergé au domicile des patients et 34 % dans les transports en commun (un même foyer peut être lié à plusieurs lieux de contamination). Sur l’ensemble de ces clusters, un seul s’est produit en extérieur, tous les autres concernent des lieux fermés.

Des résultats qui vont dans le sens d’une autre étude, cette fois menée sur 110 patients japonais. Selon cette dernière, les risques de contamination dans un environnement intérieur sont 18,7 fois plus élevés que dans un environnement extérieur.

Pour aller plus loin, il est intéressant d’analyser le cas des abattoirs. En effet, des foyers d’infection ont émergé au sein de ces établissements dans de nombreux pays, à commencer par l’Allemagne, la France et les États-Unis. La nation nord-américaine a en effet annoncé le 1er mai dernier avoir recensé près de 5000 cas de contamination dans quelques 115 usines de condition de viande. Cela s’explique pour plusieurs raisons, à commencer par la présence de chambres froides, un environnement propice à la conservation du virus. Par ailleurs, les ouvriers ne peuvent pas suivre de manière stricte les règles de distances sociales, le bruit des machines couvrant la plupart des autres sons. Pour communiquer, il est donc nécessaire de se rapprocher.

Pour combattre cette tendance, les autorités américaines souhaitent ainsi imposer le port d’un masque respiratoire, désinfecter les chaînes de production et former les employés à des règles d’hygiène plus contraignantes.

Le professeur Erin Bromage, spécialisé dans les maladies infectieuses et en poste à l’université de Dartmouth dans le Massachusetts (États-Unis), a récemment publié un long billet sur son blog. Il y est question notamment des « supers foyers » épidémiques, émergeant en dehors des unités de soin à l’image des hôpitaux ou des EHPAD. Selon lui, 90% des chaînes de contaminations concerneraient des endroits clos, mal ventilés, et présentant une forte densité de personnes pendant plusieurs heures. Une analyse qui rejoint ainsi celles des différents chercheurs asiatiques ayant travaillé sur le sujet depuis le mois de janvier.

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